Les radars mobiles privatisés

Après la privatisation de la maintenance des radars fixes, le gouvernement va externaliser la conduite des véhicules embarquant les radars mobiles nouvelles génération (RMNG).

En effet, l’Etat souhaite rentabiliser le parc de ces voitures banalisées (Renault Mégane, Citroën Berlingot, Peugeot 208 et 308, Dacia Sandero Stepway). Le véhicule possède un appareil de contrôle qui décrypte les panneaux de limitation de vitesse et évalue la vitesse des voitures circulant. Une automobile coûte 70 000 € toute équipée et nécessite 18 000 € d’entretien annuel. A l’heure actuelle, les voitures ne roulent que 1h13 par jour en moyenne, l’Etat souhaiterait tripler le nombre de contrôle, de jour comme de nuit. Ce projet est envisagé tant en confiant cette mission à des prestataires agréés par l’Etat, qu’en augmentant le nombre de RMNG circulant de 319 à 440 en 2018 ! Ce dispositif sera expérimenté fin aout 2016 puis mis en place dès janvier 2017.

Le pilotage uniquement, sera assuré par les sociétés privées, les contraventions seront, elles, traitées par un officier au centre automatisé de constatations des infractions routières de Rennes. A l’heure actuelle, ce sont des gendarmes et des policiers qui conduisent les radars embarqués mais ils ne verbalisent pas, c’est sur l’unité de Rennes que sont effectués les PV.

Ce dispositif permettra aux forces de l’ordre de recentrer sur des missions de contrôle alcoolémie ou autre comportement dangereux ainsi que des missions de surveillance au vu du contexte terroriste actuel.

Les automobilistes, eux, sont bien sûr inquiets craignant que les entreprises privées aient pour objectif principal la rentabilité mais Emmanuel BARBE, délégué interministériel à la sécurité routière, certifie qu’ils ne pourront pas agir sur leur propre chef, ils devront respecter un cahier des charges draconien. Les véhicules restent propriété de l’Etat. Le chauffeur sera tenu de respecter l’itinéraire, les heures de sorties, ces missions seront contrôlées pour éviter tout abus.

En conclusion, 3 fois plus de contrôle vitesse, le risque ne sera-t-il pas de faire passer le profit avant la sécurité routière ?

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