Pikes Peak : La course vers les nuages

Vous êtes captivés par les courses automobiles, quel que soit le revêtement du terrain, les machines survitaminées, les motos, … Imaginez tous ces ingrédients mécaniques réunis dans une seule course spectaculaire : Pikes Peak International Hill Climb.

Cette course de légende, surnommée « La course vers les nuages », s’élance sur la montagne de Pikes Peak, aux Etats-Unis, tous les ans à la fin du mois de Juin. La première édition de Pikes Peak International Hill Climb fut organisée à l’initiative de l’hôtelier Spencer Penrose, qui avait financé l’aménagement de la route, dans le but d’accroître le tourisme de l’automobile dans la région. Le vainqueur de la montée chronométrée initiale fut donc réalisée par Rea Lentz, jeune pilote de 22 ans, au volant de sa Romano Demon Special, le 12 août 1916 en 20min 55s 60.

Au fil des années, Pikes Peak s’est fait une place dans le milieu des courses automobiles. Pikes Peak est la troisième plus ancienne course automobile de côte encore courue aux Etats-Unis dont la première épreuve a eu lieu en 1916, précédée par les 500 miles d’Indianapolis (1911) et la Course de côte du Mont Washington (1904).

Le tracé de cette course mythique offre pas moins de 156 virages sur une distance de 19,93 km. A la genèse, seulement une partie du parcours était bitumée. Depuis 2012, toute la piste est recouverte d’asphalte ce qui modifie le profil de l’épreuve et explique, en partie, la différence de chrono entre les premiers records et ceux actuels. Le coup d’envoi de la course est donné à 2865 mètres d’altitude et se termine 1440 mètres plus haut, avec une vitesse moyenne ahurissante d’environ 150 km/h, des drifts et travers de folies, et bien sûr, le tout à quelques mètres du vide sans barrière de sécurité. De plus, la différence d’altitude joue un rôle important sur les moteurs puisque la pression de l’air au sommet du massif Pikes Peak entraîne une perte de puissance.

Justement le temps de parler mécanique est arrivé, aujourd’hui on ne dénombre pas moins de 20 catégories d’engins tout aussi puissants qu’originaux dont des motos, quads, camions, véhicules électriques,… (ce qui représente environ 100 pilotes). Mais deux divisions sortent du lot : « Unlimited » et « Open Wheel » ceux sont-elles qui assurent le spectacle. Etant donné le parcours sablonneux et le rapport poids puissance de ces monstres se rapprochant de 1ch/kg, ceux-ci sont armés d’imposants ailerons à l’avant comme à l’arrière, afin de les ancrer dans le bitume. Ces apparats en ont fait une particularité de la course de côte de Pikes Peak.

Afin de rendre célèbre cette course de côte, Jean-Louis Mourey a immortalisé Ari Vatanen au volant de sa Peugeot 405 T16, en réalisant un documentaire filmé on-board et par hélicoptère, intitulé Climb Dance. Ce film a été primé au Festival de Chamonix en 1990 ainsi que dans divers festivals américains. Lors du visionnage de la vidéo vous serez certainement captivé par l’incroyable maîtrise et sang-froid du pilote passant à quelques centimètres du ravin. Même si le danger est réel à bord de ces bolides hors normes, les accidents restent rares, 6 morts sont à déplorer sur ces 100 années de compétition.

De nombreux pilotes de rallye célèbres ont participé à cette course notamment Michèle Mouton (Audi Quattro S1), Bobby Unser, Ari Vatanen (Peugeot 405 T16),… dans les années 80. Lors de la 91ème édition de la mythique course de côte, Sébastien Loeb, au volant de la Peugeot 208 T16, a atomisé le record de Pikes Peak International Hill Climb, en 8min 13s 878 !

Plus récemment, Romain Dumas a remporté la course du centenaire (1916-2016), une semaine après avoir décroché la victoire aux 24 Heures du Mans, suite à un coup de théâtre inattendu. Déjà vainqueur de la course en 2014 au volant d’une Norma M20 RD Limited, les ingénieurs de son Team, le RDR, ont retravaillé le proto selon les besoins de l’édition 2016. Au premier regard, celle-ci ne semble pas avoir subi de modification, mais il faut se méfier des apparences parfois trompeuses, a déclaré Norbert Santos, le patron de Norma. Coté mécanique, la Norma M20 RD Limited Spec-2016 s’est vu totalement repensée, avec entre autres, l’arrivée de quatre roues motrices, l’amélioration du châssis, de la boîte de vitesse, ainsi que du turbo… L’aérodynamisme et les capots avant – arrière ont été entièrement revus, hormis l’énorme aileron arrière, pour des conditions d’adhérence optimale. Pour finir, la répartition des masses de la Norma M20 RD Limited Spec-2016 a été perfectionnée avec un poids atteignant seulement 610kg.

A quand le nouveau record puisque à ce jour, la performance de Sébastien Loeb reste inégalée. En attendant le spectacle perdure chaque année. Rendez-vous l’année prochaine dans le massif du Colorado.

© Source Photographique Randels Media Group © Top Gear© McKlein – © Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool – © DPPI

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